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ITW | SARAH BELIN, notre illustratrice bien aimée

C’était en décembre 2015 que nous avons rencontré Sarah, notre dernier coup de cœur en illustration. Tombés par hasard sur son board Pinterest, nous sommes immédiatement sous le charme de ses dessins. C’est autour d’un Chaï Tea Latte dans le 10ème arrondissement de Paris que nous avons bavardé…

Camezine : Comment est née cette envie de l’illustration ?

Sarah Belin : C’est difficile à dire. Je crois que j’ai toujours voulu faire ça mais je n’avais jamais osé auparavant. En cherchant mon orientation professionnelle plus jeune, beaucoup me disaient de préférer un milieu où les débouchés sont plus nombreux. C’est assez démotivant même si l’envie subsistait. Aujourd’hui, je suis enfin illustratrice et c’est la première fois que je suis 100% sûre de ne pas vouloir faire autre chose. Ça fait aujourd’hui partie de moi. J’ai toujours eu des besoins de créativité, qui se sont manifestés de différentes manières, notamment par la photo à un moment donné, mais la photo n’était pas un point de départ.

 

C: Quel a été ton parcours pour y arriver ?

S.B. : Je suis allée en licence info-com à Panthéon-Assas, à l’Institut Français de Presse plus précisément. Au début, je voulais quelque chose d’assez large car je ne savais pas vraiment où m’orienter. La plupart des étudiants poursuivaient par un master en journalisme mais j’ai choisi de partir en apprentissage dans l’édition. Mon expérience chez Nathan en 2ème année de master a été essentielle ! J’ai fait du travail éditorial pur. A première vue, ce n’est pas très créatif mais cela a été très formateur. J’étais sur les rails en me rapprochant du monde du livre.

logo-sarahbelin

Collégienne (c) Sarah Belin

C : Et après ?

S.B : ça a été dur de trouver du boulot. Je suis partie me changer les idées à Montréal. Je sentais au fond que je tournais autour du pot, c’est-à-dire que je m’approchais de ce que je voulais faire mais je n’y allais pas franchement. Au Québec, je ne me suis pas trop posée de question. C’est à mon retour en France, à Nevers que j’ai décidé de me lancer dans le dessin, à titre personnel d’abord. Parallèlement, mon activité de photographe commençait à prendre et je me faisais solliciter régulièrement. Une création d’entreprise était nécessaire à ce stade. J’avais besoin d’une structure pour facturer mes commandes et commencer à démarcher en illustration. Ça me foutait la trouille au début, mais je commençais aussi à faire tomber des commandes !

 

C : Quel a été ton premier dessin ?

S.B. : Bonne question ! Ma première véritable commande en illustration a été réalisée pour le magazine local de Nevers « Nevers Ça Me Botte ». En parallèle, je faisais quelques illustrations confidentielles comme des faireparts pour des particuliers. Sinon je pense que c’est déjà à Montréal que je commençais à crayonner plus régulièrement et sérieusement, à préparer un chemin plus précis et concret vers le dessin.

Autoportrait (c) Sarah Belin

Autoportrait (c) Sarah Belin

C : En observant attentivement tes dessins, on aperçoit que tu cherches principalement à raconter une histoire. Est-ce que tu t’adresses à la jeunesse ?

S.B. : Oui et non. A la base, c’était plus le style jeunesse qui me plaisait mais depuis quelques mois, je me verrais bien faire autre chose comme de la BD. C’est une envie qui date depuis longtemps, je me souviens en avoir fait une au collège. Aujourd’hui, je ne suis plus forcément guidée par le « style jeunesse ». Explorer d’autres univers qui sollicitent tout autant l’imaginaire. Les gens qui sont capables de raconter notamment par l’écriture ou le dessin me fascinent. Mon objectif absolu serait de pouvoir faire les deux ! Depuis toujours je tourne autour de cette idée de « raconter ».

 

C : Cherches-tu à délivrer des messages via tes dessins ?

S.B. : Evidemment ! Le dessin reste en réalité mon média préféré pour véhiculer mon histoire et/ou mon message, même si parfois ce n’est pas conscient. Je ne me rends pas forcément compte tout de suite, j’ai besoin de recul. Il faut apprendre à s’écouter. C’est un travail d’introspection difficile à mettre en place, parfois même laborieux. Je pense que ça doit être le cas dans toutes les activités créatives : musique, cinéma, théâtre, littérature…

 

C: Quel est ton processus créatif ?

S.B. : Hmm… la plupart du temps, j’ai besoin de travailler la nuit pour créer parce que je ne peux pas faire autre chose. Je ne peux pas être distraite par le quotidien. Je suis face à moi-même. Ce sont pour moi des conditions optimales. Quand je suis victime du syndrome de la page blanche, il faut que je m’aère l’esprit. Ma tête est vide et pleine à la fois, je n’arrive pas à faire de la place pour l’exercice de création. Ça a été le cas récemment et le concept m’est apparu soudainement un samedi après-midi, dans une boutique pleine à craquer alors que je faisais mon shopping. J’étais à la caisse ! Dans ce cas précis, j’avais lâcher prise et c’est l’idée qui est venue à moi et pas l’inverse.

illustration (c) Sarah Belin

Les bois (c) Sarah Belin

 

C: Concrètement, comment dessines-tu ? quels outils utilises-tu ?

S.B. : Principalement, le crayon de papier. C’est tout bête ! Je commence par crayonner sur papier, ensuite je fais un encrage aux contours noirs avec une plume à l’encre de chine, puis je finis à l’aquarelle. Comme je suis autodidacte, j’ai dû apprivoiser les outils et ce sont ceux avec lesquels je suis le plus à l’aise pour dessiner aujourd’hui que j’ai retenu. Cependant, j’ai intégré des ateliers libres avec modèles vivants pour apprendre à observer et gagner en assurance. C’est un défi sans fin !

 

C: Quelles sont tes influences ? Quels sont les illustrateurs qui t’inspirent ?

S.B. : J’adore Sempé, Anne Montel, Riad Sattouf, Camille Jourdy, Pénélope Bagieu, les derniers sujets de Margaux Motin. Ce sont des gens qui m’inspirent chacun dans leur style. J’observe leurs techniques mais aussi leurs évolutions. Mon dernier coup de cœur est le virage qu’a pris Diglee dans son travail. Elle fait des dessins à l’encre de chine et au crayon. J’adore ses noirs et blancs ! En ce moment, elle travaille sur une BD des années 20. C’est chouette ! J’aime bien ce que fait Jean Jullien aussi.

 

C.: Est-ce que tu envisagerais des collaborations avec certains d’entres eux ?

S.B. : Soyons fous ! même si je ne me suis jamais encore posée la question, j’adorerais travailler avec Riad Sattouf. Je suis fan de la manière dont il raconte les choses autant au cinéma qu’en BD.

Sorcières (c) Sarah Belin

Witches (c) Sarah Belin

 

C: Est-ce que tu as un projet en cours en ce moment ?

S.B. : Oui mais je n’en dirais pas trop ! Juste un indice, suivez les sorcières… AHAH !

 

C: Dernière question, cite-nous un album de musique, un livre, un film et un illustrateur qui te représente au mieux.

S.B : Argh, pas facile ! Je dirais Rocky Rock Picture Show de Jim Sharman en film, White Light, White Heat, White Trash de Social Distortion en musique, en livre de chevet Lettres A Un Jeune Poète de Rainer Maria Rilke, mon illustrateur Sempé sans aucun doute et le photographe ou plutôt « les » car c’est un couple The Kitcheners que j’adore !

 

Plus d’infos sur Sarah sur sarahbelin.com

Elle est aussi sur Facebook, Twitter et Pinterest !

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